La création, à l'initiative du SMAEMV, d'une charte de réserve de biosphère

Les premières réserves de biosphères ont été désignées par l’UNESCO en 1976 : il s’agit de zones protégées consacrées à la recherche. C’est en 1995,  qu’est mis au point le cadre statutaire des réserves qui prévaut encore aujourd’hui dans tous les Etats, avec ses 3 zones  interdépendantes ou l’activité humaine est différemment autorisée et réglementée.

Depuis 1995, la conscience de l’importance de la durabilité du développement a évolué : ce qui n’intéressait que quelques férus est devenu un enjeu internationalement défendu, mais aussi un appui marketing. Si bien qu’aujourd’hui, certains producteurs ou acteurs public et/ou associatifs aimeraient valoriser leur installation au sein ou à proximité d’une réserve dans leur communication. Cette demande prouve l’intérêt populaire pour le travail mené au sein des réserves de biosphère, et correspond à la mission d’encourager un développement économique durable, mais il est important de fixer des cadres précis afin d’éviter les comportements plus ou moins liés à de l’écoblanchiment.

Valider une expérience

En Ventoux, « la question est posée depuis les années 2000, quand les caves coopératives ont souhaité valoriser leurs produits avec l’image de la biosphère », se souvient Ken Reyna, chef de projet « Reserve de biosphère » au SMAEMV (Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Equipement du Mont Ventoux), « et toutes les réserves sont sollicitées. Certains pays ont développé un système de labellisation ou marque biosphère, mais ça ne convient pas en France ; il fallait  trouver un autre fonctionnement ».

Une première charte d’engagement des acteurs socioéconomiques a été élaborée au cours de l'année 2011 en vue de progressivement construire un réseau « d’Eco acteurs de la biosphère », à la suite de premières études. Cette première expérience a été un vrai point d’appui pour le projet, mené en collaboration avec 2 autres réserves de biosphère françaises. En travaillant à plusieurs réserves qui ont des problématiques semblables à résoudre sur des territoire différents et en  confrontant les pistes auprès du réseau Euro Mab,  l’idée est de proposer à toutes les réserves un « modèle de réseau sur un territoire, un outil souple et transposable »

Réglementer l’usage de l’image positive d’une biosphère

L’objectif est de réunir ceux qui agissent pour le développement de leur territoire, qu’ils utilisent ou non cette option pour leur propre développement économique. L’intérêt pour l’éco-acteur est de pouvoir utiliser cette image positive, et pour le territoire, c’est la création d’un réseau  interprofessionnel et décloisonné d’acteurs locaux qui s’engagent pour le vivre ensemble dans un développement durable. A l’issue de réunions et réflexions menées aussi avec les candidats au label éco-acteur, il est devenu évident que  le processus devait être souple et le principe du cahier des charges a été rejeté.

C’est rapidement l’idée d’une charte qui a prévalu qu’il a fallu construire, avec la nature et la durée de l’engagement, les avantages et les évolutions.

La charte comporte plusieurs chapitres, : les engagements en matière de développement durable ( limiter l’impact de son activité sur   le réchauffement climatique, préserver les ressources naturelles…), en termes d’éducation et sensibilisation ( participer à des programmes de recherches et /ou d’actions de sensibilisation des publics aux questions environnementales) et de participation au réseau d’éco-acteurs. En échange, le signataire reçoit un diplôme d’éco-acteur qui peut être exposé dans ses locaux et peut utiliser sur tous ses documents de communication la mention « signataire de la charte d’engagement de la réserve de biosphère du mont ventoux ». En aucun cas, le logo de la réserve ne peut être apposé sur les produits destinés à la vente.

L’engagement dure 3 ans, au cours desquels le signataire doit mettre en application ses résolutions et il bénéficie des actions d’accompagnement, voire de formation du réseau, sans oublier la communication et médiatisation.

Bilans et perspectives

Les trois réserves  qui ont coopéré dans l’élaboration de ce travail ont établi chacune leur charte, et ont fait signer leurs premiers éco-acteurs. De cette expérience est tiré un cadre méthodologique pour les Réserves de biosphère du réseau français et international intéressées par la démarche, permettant de « faire fonctionner un réseau d’acteurs dans un réseau d’intérêts communs »

En Ventoux, 10 éco-acteurs sont signataires de la charte : associations, caves producteur… Si le réseau est encore trop petit pour être vraiment efficace, les signataires sont motivés et très attachés aux valeurs de la réserve ; ils ont envie de travailler ensemble pour le développement de leur territoire.