Un projet du CBE afin de faciliter la transmission des entreprises - « Une saison pour reprendre, une saison pour transmettre »

Le CBE Ventoux (Comité de Bassin d’Emploi) s’active sur un vaste territoire de 44 communes pour accompagner au mieux les porteurs de projet de création ou de reprise d’entreprise.  

Sur le bassin d’emploi de Carpentras, l’artisanat représente plus de 35% du tissu économique, et environ 1000 entreprises artisanales sont créées chaque année.

On estime aussi que 1000 entreprises artisanales seront à reprendre dans les 10 ans : 4 artisans sur 10 ont plus de 50 ans.

Marie Gallardo, la directrice, a toujours pensé que la reprise d’entreprise manquait d’outils, principalement d’information auprès des éventuels cédants et repreneurs.

C’est l’arrivée d’un couple découragé dans ses bureaux qui crée le déclic : propriétaires d’une entreprise de fabrication de papiers d’emballage pour fruits et légumes, ils aspirent à la retraite mais comme ils ne trouvent pas de repreneurs, ils commencent à se résoudre à simplement mettre la clé sous la porte. Pourtant, leur entreprise est florissante et très concurrentielle : ils ne sont que 4 en France ! L’activation des réseaux du CBE a finalement permis de trouver un repreneur, qui a racheté cette affaire tout en bénéficiant d’un accompagnement.

Très vite, Marie Gallardo et son équipe posent le constat : si les repreneurs sont plutôt identifiés, il est très difficile de connaître les cédants, d’autant qu’ils hésitent souvent à communiquer sur leur projet, craignant de se mettre en position de faiblesse. «  Ils se sentent souvent seuls dans la bataille et pensent n’avoir que le choix de poursuivre vaille que vaille ou de fermer ».

De plus, la démarche de transmission d’une entreprise est un processus qui nécessite 3 ou 4 années de préparation pour bénéficier des meilleures conditions : les cédants doivent y penser en amont de leur départ.

Pourtant, le cédant peut vraiment s’y retrouver financièrement et les dispositifs d’accompagnement existent. Et les avantages existent aussi pour les repreneurs : meilleure pérennité, accès à l’emprunt bancaire plus facile, aides spécifiques…

« Une saison pour reprendre, une saison pour transmettre »

Comme le fichier de la CCI (et son site internet http://www.transcommerce.com/), l’idée est de mettre en place des outils qui facilitent la transmission d’entreprise, en mêlant les différents canaux de communication. Le travail a d’abord nécessité un état des lieux des outils existants : « il y a des outils, mais il n’y a pas d’outils de mise en relation direct ».

Les réticences des cédants ont été identifiées : « ils ne connaissent pas toujours cette possibilité, et quand ils la connaissent ils hésitent devant la paperasserie, l’aspect chronophage ou la crainte que leur savoir-faire ne soit pas respecté par le repreneur ».

L’action de sensibilisation a pu être lancée, d’abord en direction des repreneurs, le second trimestre étant consacré aux cédants : entretiens, réunions d’informations, envoi de mailing à 8600 entreprises, spots en radio locale…

Les résultats sont très enthousiasmants sur 21 accompagnements ; 12 transmissions réussies (soit pratiquement le double que l’année 2014) représentant 15 emplois maintenus ou crées et un chiffre d’affaire cumulé de prés de 960 000 euros.

De son côté le CBE du Pays d’Apt qui menait ce projet en coopération avec le CBE Pays du Ventoux a accompagné une vingtaine de porteurs de projet et a identifié la même difficulté à recenser les cédants.

Pour aller plus loin

La prochaine étape est la création d’une « plateforme de dialogue entre cédants et repreneurs : leur permettre une interaction tout en proposant un guide complet présentant les aides, l’aspect juridique, l’aspect administratif… ».

En résumé, un site internet devrait bientôt voir le jour, permettant cette interaction, et continuant à développer les reprises, si importantes en période de crise.

Mais le travail de sensibilisation, devra se poursuivre, notamment en direction cédants potentiels, difficilement identifiables.

Il sera aussi nécessaire de faire coopérer tous les acteurs concernés (chambres consulaires, associations d’accompagnement, Etat…) afin d’obtenir une exhaustivité des informations, une valorisation de l’action et réellement faciliter  l’accès aux services.